samedi 6 février 2016

BON SENS français et rapprochement phonétique :



La Semaine de Suzette

Les noms et prénoms des populations des pays mahométans, écrits avec des caractères de l'alphabet latin, ne peuvent l'être qu'avec une certaine approximation. C'est ainsi que nous constatons de nombreuses variantes de mots et de noms, sans doute originairement uniques, mais prononcés différemment, suivant les pays et les régions.

C'est le cas du nom de la jeune et charmante marocaine qui, par la grâce de Flamby 1er, est actuellement ministresse dans notre gouvernement. Outre la forme "Belcacem", nous trouvons Belcassem, Belgacen, Benyacin, Belcassin, etc... L'homophonie avec le nom de bécassine est trop étroite pour ne pas inciter à faire, naturellement, le rapprochement phonétique de ces deux noms.

" Les aventures de bécassine ", personnage de papier, comme le sera plus tard le TINTIN de Hergé, ont été contés dans " La SEMAINE de SUZETTE ". Cet hebdomadaire qui parut en France de 1905 jusqu'en 1960, avec une interruption de 1914 à 1918, était destiné aux lectrices francophones de 8 à 18 ans, et lu, principalement par celles ayant entre 8 et 15 ans, et aussi par les frères et cousins de ces petites demoiselles. Son succès fut tel que plus de vingt ans après la disparition de l'hebdomadaire, on entendait encore sur les ondes la chanson de Chantal GOYA : " Bécassine ! C'est ma cousine ! ".

Le sujet porteur de cette publication fut, en effet, la bande dessinée à rebondissement qui contait les aventures d'une jeune paysanne bretonne, prénommée Bécassine, employée par Madame de Grand' Air pour s'occuper de ses enfants. Le cadre de ces histoires paraissait inspiré par les romans de la Comtesse de Ségur, née Rostopchine. Madame de Grand' Air voulait que ses enfants reçoivent une excellente éducation, imprégnée des bons usages " du monde ! " selon les préceptes de la Baronne STAFFE, dont le livre se trouvait dans tous les foyers " chic ", ou qui voulaient l'être : " Traité d'éducation puérile et honnête ". Ce livre fit autorité pendant de nombreuses générations.

Bécassine, issu d'un monde provincial et rural, malgré sa bonne volonté évidente et sa gentillesse naturelle, ignorait tout de ces fameux usages et de cette bienséance dont Madame de Grand' Air faisait si grand cas. Cela conduisait bécassine à commettre souvent des bévues qui faisait rires les jeunes lectrices. Cette force comique, toujours renouvelée, fut le moteur du succès de cet hebdomadaire.

Je me suis demandé pourquoi aucun commentateur, aucun humoriste, aucun chansonnier, aucun journal, personne, n'avait fait le rapprochement homophonique qui saute aux oreilles, entre bécassine et le nom de ce charmant personnage ministériel, dénommé BELCASSEM. Cela s'est toujours fait en France. Sous l'ancien Régime nous avions des libelles et des pamphlets d'une violence, aujourd'hui impensable, parfois même scatologique, qui laisse apparaître une liberté d'expression que notre régime, qui se prétend Républicain, est incapable d'admettre !

Ce silence est peut-être dû à la crainte d'amendes ou d'embastillement contre ceux qui ont le courage et l'audace de penser actuellement en-dehors des clous ! Je crois, pourtant, que la raison est autre. Si Bécassine fait des bêtises qui font rire, dans un milieu qui a tendance à s'arrêter au futile, au superficiel, aux apparences, son personnage représente le bon sens populaire français. Et c'est, je présume, cette raison qui interdit tout rapprochement valable, fut-il simplement phonétique, entre notre brave Bécassine, avec ses abots bien plantés dans la terre de France, et cette ministresse Hollando-Marocaine, dont les qualités, car elle doit en avoir certainement, ne sont pas de chez nous !


Paul GARD
Texte envoyé le 02/02/2016 de Marseille.

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