La
Semaine de Suzette
Les noms et prénoms des
populations des pays mahométans, écrits avec des caractères de l'alphabet
latin, ne peuvent l'être qu'avec une certaine approximation. C'est ainsi que
nous constatons de nombreuses variantes de mots et de noms, sans doute originairement
uniques, mais prononcés différemment, suivant les pays et les régions.
C'est le cas du nom de la jeune
et charmante marocaine qui, par la grâce de Flamby 1er, est
actuellement ministresse dans notre gouvernement. Outre la forme
"Belcacem", nous trouvons Belcassem, Belgacen, Benyacin, Belcassin, etc...
L'homophonie avec le nom de bécassine est trop étroite pour ne pas inciter à
faire, naturellement, le rapprochement phonétique de ces deux noms.
" Les aventures de bécassine ", personnage de papier, comme le
sera plus tard le TINTIN de Hergé,
ont été contés dans " La SEMAINE de SUZETTE ". Cet hebdomadaire qui
parut en France de 1905 jusqu'en 1960, avec une interruption de 1914 à 1918,
était destiné aux lectrices francophones de 8 à 18 ans, et lu, principalement
par celles ayant entre 8 et 15 ans, et aussi par les frères et cousins de ces
petites demoiselles. Son succès fut tel que plus de vingt ans après la
disparition de l'hebdomadaire, on entendait encore sur les ondes la chanson de
Chantal GOYA : " Bécassine ! C'est ma cousine ! ".
Le sujet porteur de cette
publication fut, en effet, la bande dessinée à rebondissement qui contait les
aventures d'une jeune paysanne bretonne, prénommée Bécassine, employée par
Madame de Grand' Air pour s'occuper de ses enfants. Le cadre de ces histoires
paraissait inspiré par les romans de la Comtesse de Ségur, née Rostopchine.
Madame de Grand' Air voulait que ses enfants reçoivent une excellente
éducation, imprégnée des bons usages " du monde ! " selon les
préceptes de la Baronne STAFFE, dont le livre se trouvait dans tous les foyers
" chic ", ou qui voulaient l'être : " Traité d'éducation puérile et honnête ". Ce livre fit autorité
pendant de nombreuses générations.
Bécassine, issu d'un monde
provincial et rural, malgré sa bonne volonté évidente et sa gentillesse
naturelle, ignorait tout de ces fameux usages et de cette bienséance dont
Madame de Grand' Air faisait si grand cas. Cela conduisait bécassine à
commettre souvent des bévues qui faisait rires les jeunes lectrices. Cette
force comique, toujours renouvelée, fut le moteur du succès de cet hebdomadaire.
Je me suis demandé pourquoi
aucun commentateur, aucun humoriste, aucun chansonnier, aucun journal,
personne, n'avait fait le rapprochement homophonique qui saute aux oreilles,
entre bécassine et le nom de ce charmant personnage ministériel, dénommé
BELCASSEM. Cela s'est toujours fait en France. Sous l'ancien Régime nous avions
des libelles et des pamphlets d'une violence, aujourd'hui impensable, parfois
même scatologique, qui laisse apparaître une liberté d'expression que notre
régime, qui se prétend Républicain, est incapable d'admettre !
Ce silence est peut-être dû à la
crainte d'amendes ou d'embastillement contre ceux qui ont le courage et
l'audace de penser actuellement en-dehors des clous ! Je crois, pourtant, que
la raison est autre. Si Bécassine fait des bêtises qui font rire, dans un
milieu qui a tendance à s'arrêter au futile, au superficiel, aux apparences,
son personnage représente le bon sens populaire français. Et c'est, je présume,
cette raison qui interdit tout rapprochement valable, fut-il simplement
phonétique, entre notre brave Bécassine, avec ses abots bien plantés dans la
terre de France, et cette ministresse Hollando-Marocaine, dont les qualités,
car elle doit en avoir certainement, ne sont pas de chez nous !
Paul GARD
Texte envoyé le 02/02/2016 de
Marseille.
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