Ce passé qui ne passe pas !
Sous les drapeaux depuis le 2
Septembre 1939, je figurais, en 1941, aux effectifs du 43ème R.I.A de l'Armée
d'Armistice, caserné à Marseille.
Pour la visite du Chef de l'État
à AIX-EN-PROVENCE, en Juillet 1941, ma compagnie avait été désignée pour participer
au service d'ordre et d'honneur.
Après un court voyage depuis
Marseille dans des wagons de marchandises, célèbres depuis la guerre de 1914
(Hommes 40, Chevaux 8, en long), je me trouvais sur le Boulevard périphérique
de la Capitale provençale, à proximité de l'avenue conduisant à la Caserne où
avaient été repliées, depuis Juin 1940, les Écoles Militaires de St-Cyr et
St-Maixent.
Le cortège officiel s'est arrêté,
et je me suis trouvé à la hauteur de la voiture du Maréchal Pétain. Il est
descendu à deux mètres de ma position. J'avais commandé un "Présentez
Armes" le plus énergique et réglementaire que possible. En Portant la main
à son képi pour répondre aux honneurs militaires, le regard vif des yeux clairs
du Maréchal s'est posé sur moi. Je fus
frappé de la sérénité et de la grandeur qui émanait de sa personne, comparé aux
mouvements fébriles des personnalités militaires ou civiles de son entourage.
Cela pouvait se comparer à l'agitation apparemment irrationnelle de fourmis
autour de leur nid !
C'est dans une grande salle où
tous les élèves-officiers et les officiers-élèves étaient rassemblés, que le
cortège officiel s'est rendu. J'ai appris peu après que, dès la fin des
salutations et compliments d'usage, le Maréchal avait demandé que les
journalistes et tout le monde sorte. Il avait dit : " Je désire rester seul avec mes jeunes camarades ". C'est tout
ce que j'avais su de cette entrevue, et j'ai longtemps cherché, en vain, à
savoir le contenu, ou du moins les grandes lignes, de ce que le Maréchal Pétain
avait pu dire à ceux qui étaient destiné à encadrer les troupes françaises de
la revanche ?
Je viens de tomber sur un livre
qui m'apporte la réponse à cette question. Il s'agit d'un ouvrage de 322 pages,
agrémenté de références nombreuses, dont l'auteur est Bernard LEGOUX, intitulé
: " La désinformation autour du Régime de Vichy ", édité en février
2016 par l' " ATELIER FOL'FER ".
Aux pages 151 et 152 de ce livre, j'ai pu lire que Pétain avait déclaré, en
substance, aux St-Cyriens et aux S-Maixentais, que l'Allemagne demeurait
l'ennemie, et que sa politique s'inspirait de celle de la Prusse après Iéna.
Pour les jeunes générations
auxquelles l'administration de l'Éducation, autrefois Nationale, n'enseigne
plus l'Histoire, il est peut-être nécessaire de préciser que Napoléon 1er avait
infligé à la Prusse une sévère défaite à Iéna le 14 Octobre 1806. Quelques
années après, les troupes du Général prussien BLÜCHER avaient lourdement pesé
sur l'issue, malheureuse pour nos armes, de la bataille de WATTERLOO le 18 Juin
1815 ! Pour être complet, ajoutons que l'auteur indique, en note, avoir puisé
ses informations dans le livre de Philippe MASSON : " Histoire de l'Armée
française " édité chez Perrin en 2002. C'est ainsi que j'eus la réponse à
la question que je me posais depuis 75 ans ! Cela fait penser au dicton
populaire : " La vieille ne voulait pas mourir ", qui sous-entend que
: tous les jours elle apprenait quelque chose de nouveau ! Ce livre m'a
rappelé, en outre, que c'est bien sous les gouvernements DALADIER et REYNAUD,
notre Pays étant encore sous la IIIème République, que l'afflux en France de
réfugiés, principalement des Juifs, chassés des pays contrôlés par le Régime
National-Socialiste, avait contraint ces Gouvernements à établir,
principalement dans l'Ouest et le Sud-Ouest, des camps pour recueillir les plus
démunis de ces pauvres gens. Après l'Armistice, le Maréchal lui-même avait
supplié, en vain, tous les États américains, de l'Alaska à la Patagonie, y
compris les U.S.A. de les recueillir. Ce refus général a permis aux Allemands
de les reprendre, lorsque la politique d'Hitler a changé, et qu'au lieu de
chasser les Juifs, il les a regroupés dans des camps pour en faire disparaître
le plus grand nombre.
Ce coup d'œil sur les années
1939-1945 permet de jeter quelques petits cailloux dans la marre, bien trop
tranquille, de la désinformation et combattre les calembredaines que l'on veut
constamment faire avaler au peuple français pour le rendre coupable de tous les
malheurs du monde !
Paul GARD.
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